La journée philosophique

La barbarie


le vendredi 28 mars 2008

Voici le programme de la journée philosophique organisée pour la quatrième année au lycée François 1er par les professeurs de philosophie avec l’aide active et l’engagement de collègues de différentes disciplines venant de différents établissements du Havre ainsi que de l’administration de notre lycée.

Vous êtes conviés à titre personnel à l’ensemble des interventions et vous pouvez convier aussi des collègues d’autres établissements ou d’anciens de François 1er (élève ou retraité) qui seraient intéressés. Les élèves qui désirent venir à titre personnel quand ils n’ont pas cours sont aussi les bienvenus.

Les inscriptions pour les élèves se font, comme d’habitude, par le biais du professeur qui désire faire participer une classe à une des conférences ou au moment de danse en fonction de son emploi du temps du vendredi. Un tableau va être affiché rapidement par nos soins en salle des professeurs pour que vous puissiez vous inscrire avec une classe ou plusieurs.

Il ne reste plus pour que cette journée soit une réussite que le public soit au rendez-vous !
Si vous en avez le désir, inscrivez-vous au plus vite pour que les organisateurs puissent voir comment les choses se présentent.

Didier Guilliomet

Matinée

Vous avez dit barbare

9 heures :

Colette Harsous,
professeur de Lettres classiques, lycée François 1er.

Salle Levarey

- Eschyle : Les Perses
- Hérodote : Histoires
- Xénophon : Anabas

Différentes figures de la barbarie ?

9h20 :

Didier Guilliomet,
professeur de Philosophie, lycée François 1er.

Salle Levarey

- Roger-Pol Droit : Généalogie de la barbarie, odile Jacob, 2007
- Freud : Malaise dans la civilisation. trad. Odier, P.U.F.1971.
- Giorgio Agamben : Ce qui reste d’Auschwitz : l’archive et le témoin, trad.Alfieri, Payot - Bibliothèque Rivages, 1999.

De Nuremberg à nos jours : comment juger la barbarie ?

10 heures :

Alain Picart,
professeur d’Histoire-Géographie, lycée François 1er.

Salle Levarey

- Le Monde, Dossiers et documents, n°368 - Octobre 2007
" Justice pénale et internationale : l’universalité pas à pas."
- Questions internationales, la documentation française, n°4, Novembre/décembre.2003
"Justices internationales".
- L’histoire, juillet/août 2006 "La guerre civile". Partie III : "Comment s’en sortir ?"

Danse

11 heures :

Un spectacle créé par des élèves de terminale de la section danse du lycée François 1er avec l’aide de Corinne Delaire, professeur d’E.P.S. et responsable de la section Danse.

Hall d’entrée

Danseuses :
Victoire Allain, Juliana Bruno, Pauline Denize, Domitie Deschamp, Laure-Anne Gallard, Margot Hamel, Delphine Loiseau.

Textes utilisés :

- L’Ecclésiaste. 4.(1 à 5)
- Henri Michaux : Dans le recueil La nuit remue. Deux poèmes en particulier

 : "je suis Gong" et
"Chaque jour plus exangue"
Après-midi

Témoins de la barbarie - le Rwanda de Jean Hatzfeld

14 heures :

Thierry Cécille,
professeur de Lettres Modernes, lycée Robert Schuman.

Salle Levarey

- Jean Hatzfeld :

Dans le nu de la vie, Seuil, 2000
Une saison de machettes, Seuil, 2003
La stratégie de l’antilope, Seuil 2007
Danse - Intermède

15 heures :

Improvision des élèves de terminale de la section Danse du lycée François 1er

Salle Levarey

Ce que la barbarie fait à l’art

15h10 :

Danièle Gutmann,
Professeur d’histoire de l"art, Ecole Supérieure d’Art du Havre.

Salle Levarey

- Jean Clair : La barbarie : (Zoran) Music à Dachau, Gallimard, 2001.
- Georges Didi-Huberman : Images, malgré tout, éd. de Minuit, 2003.
- Lionel Richard : L’art et la guerre. Les artistes confrontés à la seconde guerre mondiale, Flammarion, 1995.

Autres pistes :

- Exposition au Palais Grassi à Venise : Rome et les barbares : la naissance d’un nouveau monde. Catalogue sous la direction de Jean-Jacques Aillagon, éd. Skira, 2008

- Emission "Réplique" sur la barbarie datée du samedi 29 mars
animée par Alain Finkielkraut avec Roger Pol-Droit et Elisabeth de Fontenay.
France-Culture.

Pour prolonger la réflexion

Ouvrages disponibles au CDI :

✘    Définition
L’Encyclopaedia Universalis ne s’intéresse pas à la notion de « barbarie » et de « barbare ». En revanche, la notice du « Dictionnaire culturel de la langue française » (Le Robert) est très riche.

✘    Le barbare « étranger »

Dictionnaire de civilisation grecque
« Le supplément au voyage de Bougainville » de Denis Diderot
A voir : l’exposition Lesueur en cours au Muséum d’Histoire Naturelle du Havre : « L’autre ».
Pas mal de revues d’histoire sur les invasions barbares qui relativisent les termes de « barbarie » et d’ « invasions »
✘    La barbarie « inhumanité » :

« Si c’est un homme » de Primo Levi
« Les Bienveillantes » de Jonathan Littell
« En attendant les barbares » de John Coetzee
Essais :

« Malaise dans la civilisation » Freud
Plusieurs titres de Levi Strauss
✘    Le TPE et la justice internationale

Archives du Monde Diplomatique
Archives du journal Le Monde
La chronique d’Amnesty International avril 2008
✘    Livres d’art

Le Douanier Rousseau
Les horreurs de la guerre et les Caprices de Goya
✘    En commande

"Une saison de machettes" de Jean Hatzled
"Rwanda 1994" tome 1 Grenier et Masioni (tome 2 à paraître prochainement)
Quelques citations

1. “ Souvent aujourd’hui l’on compare l’ascension du peuple, son progrès à l’invasion des barbares. Le mot me plaît, je l’accepte … barbares ! oui, c’est-à-dire plein de sève nouvelle, vivante et rajeunissante. ”
Jules Michelet Le peuple.

2. “ Hérodote d’Halicarnasse présente ici les résultats de son enquête afin que le temps n’abolisse pas le souvenir des actions des hommes et que les grands exploits accomplis soit par les grecs, soit par les barbares ne tombent pas dans l’oubli ”.
Hérodote : Histoires, prologue

3. “ L’homme n’est point cet être débonnaire assoiffé d’amour qu’on nous décrit, dont on nous dit qu’il se défend quand on l’attaque, mais au contraire qui doit porter au compte de ses données instinctives une bonne somme d’agressivité. Pour lui, par conséquent, le prochain n’est pas seulement un auxiliaire et un objet sexuel possible, mais aussi un objet de tentation. L’homme est en effet tenté de satisfaire son besoin d’agressivité aux dépens de son prochain, d’exploiter son travail sans dédommagements, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de lui infliger des souffrances et de le tuer. ”
Freud : Malaise dans la civilisation

4. “ En règle générale, cette agressivité cruelle ou bien attend une provocation, ou bien se met au service de quelque dessein dont le but serait tout aussi accessible par des moyens plus doux. Dans certaines circonstances favorables en revanche, quand par exemple les forces morales qui s’opposaient à ces manifestations et jusque là les inhibaient ont été mises hors d’action, l’agressivité se manifeste aussi de façon spontanée, démasque sous l’homme la bête sauvage qui perd alors tout égard pour sa propre espèce ”.
Freud : Malaise dans la civilisation

5. “ Dans la haine nazie, il n’y a rien de rationnel : c’est une haine qui n’est pas en nous, qui est étrangère à l’homme, c’est un fruit vénéneux qui est issu de la funeste souche du fascisme ”.
Primo Levi : Si c’est un homme. Appendice.

6. “ peut-être que ce qui s’est passé ne peut pas être compris, ni même ne doit pas être compris dans la mesure où comprendre, c’est presque justifier. En effet, “ comprendre ” la décision ou la conduite de quelqu’un, cela veut dire (et c’est aussi le sens étymologique du mot) les mettre en soi, mettre en soi celui qui en est responsable, se mettre à sa place, s’identifier à lui ”.
Primo Levi : Si c’est un homme. Appendice.

7. “ Dire qu’Auschwitz est “ indicible ” ou “ incompréhensible ”, cela revient à euphèmein, à l’adorer en silence comme on fait d’un dieu ; cela signifie donc, malgré les bonnes intentions, contribuer à sa gloire. Nous, au contraire, nous n’avons “ pas honte de regarder en face l’inénarrable. ”
Giorgio Agamben, Ce qui reste d’Auschwitz

8. “ Je trouve qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ; comme de vrai il semble que nous n’avons notre mire de la vérité et de la raison que l’exemple et l’idée des opinions et usances du pais où nous sommes. ”
Montaigne. Essais, I. XXXI. Des cannibales.

9. “ Je regarde encore toute l’oppression qui se commet sous le soleil ;
voici les larmes des opprimés, et ils n’ont pas de consolateur ;
et la force du côté des oppresseurs, et ils n’ont pas de consolateur.
Alors je félicite les morts qui sont déjà morts plutôt que les vivants qui sont encore vivants
Et plus heureux que tous les deux est celui qui ne vit encore et ne voit pas l’iniquité qui se commet sous le soleil.
Et je vois que tout travail et toute réussite n’est que jalousie de l’un pour l’autre : cela est vanité et poursuite de vent !
L’insensé se croise les bras et se dévore lui-même.”
l’Ecclésiaste 4.(1 à 5)

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